Swiss Beatles Fan Club

8 décembre 2017

8 décembre 1980 : John Lennon tombe à terre

8 décembre 1980 : John Lennon tombe à terre

Le 8 décembre 1980, John Lennon vient d’être assassiné. Dans l’entrée même du Dakota Building, à New-York, où vivait le chanteur des Beatles. Il est 22 h 52 quand Lennon rentre chez lui pour embrasser son fils de cinq ans, Sean, avant qu’il ne s’endorme. Mais au moment de grimper les quelques marches qui le séparent de l’entrée, un intrus l’appelle doucement, presque en chuchotant : « Monsieur Lennon ». John se retourne ; l’homme est en position de tir, bien campé sur ses jambes, tenant fermement, à deux mains, un calibre 38. Lennon n’a pas le temps de réagir. Mark David Chapman vide son barillet sur l’artiste, cinq balles. Le fondateur des Beatles vacille, il réussit quand même à gagner le vestibule. Le portier se précipite, mais il est trop tard : la star va s’éteindre à l’hôpital quelques minutes plus tard.

On parlera d’un acte de folie pure. Mais la vérité, c’est que Chapman a expliqué son geste. Il accusait John Lennon d’avoir trahi ses idéaux de fraternité, d’être devenu trop riche, de s’être embourgeoisé en somme. Le paradoxe, c’est que ce Chapman était un vrai fan ! Quelques heures plus tôt, alors que Lennon sortait de chez lui, Chapman lui avait tendu à dédicacer son exemplaire de Double Fantasy ! Il a attendu tranquillement que la police vienne l’appréhender sur les lieux du crime, en lisant un exemplaire du roman culte de Salinger, L’attrape cœurs, un livre qui l’obsédait. Arrêté et condamné, il est toujours en prison. Il a écopé de la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 20 ans. Depuis 2000, il demande, en vain, sa mise en liberté conditionnelle. ||

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8 décembre 2017

Ariane Bois : «Dakota Song», un roman d'esprit rythmé par la musique

Ariane Bois : «Dakota Song», un roman d'esprit rythmé par la musique

Le 8 décembre 1980, ce manoir néo-Renaissance en plein cœur de Manhattan entre dans la légende. John Lennon vient de se faire assassiner devant la grille d’un immeuble qui a mille histoires à raconter. Tchaïkovski, Boris Karloff, Judy Garland, Lauren Bacall, Leonard Bernstein et Noureev ont tous habité cette résidence avec vue imprenable sur Central Park. Ariane Bois, écrivain et journaliste, a été guide touristique pendant ses études de journalisme à New York. Pour écrire son roman Dakota Song, l’auteure est parvenue, fait rarissime, à louer un appartement dans ce lieu qu’on dit hanté…

Pourquoi appelle-t-on cette résidence le Dakota ?


La légende voudrait que les New-Yorkais se soient moqués de ce projet de construction aussi éloigné du cœur de la ville, alors concentré au sud de Central Park. Ils se seraient exclamés : « C’est le Dakota ! » Pour les New-Yorkais des années 1880, cet État situé à plus de 2 000 km de Manhattan était le bout du monde. Mais je crois plus à la volonté de son promoteur, Edward Clark, homme d’affaires ayant fait fortune dans les machines à coudre Singer, de baptiser cet immeuble sur l’Upper West Side du nom d’un des États de l’Ouest qu’il adorait. D’ailleurs, il voulait appeler la 6e avenue « L’avenue du Minnesota ». Clark a l’idée de proposer un luxe inouï pour l’époque : mettre à disposition des copropriétaires un personnel de qualité, près de 150 blanchisseuses, maîtres d’hôtel, liftiers, portiers et autres cuisiniers. Et si cela ne suffisait pas: un terrain de cricket sur le toit, quatre ascenseurs, un jardin, un restaurant, des espaces pour les enfants. Sans ce faste, les gens aisés n’auraient pas accepté de vivre « parqués comme des poules » dans un immeuble. Tchaïkovski, premier résident de marque, s’y installe dès 1881, alors même que l’immeuble est encore en construction. Le compositeur russe admirait, dit-on, ses ascenseurs hydrauliques et ses cheminées en acajou, ainsi que les six mètres de hauteur sous plafond. Les boiseries sont si précieuses que les résidents n’ont toujours pas le droit d’y faire des travaux. Tout est classé monument historique de la ville.

Judy Garland, Boris Karloff, Lillian Gish… Les acteurs semblent se battre pour vivre dans ce véritable manoir de cinéma.

Le Tout-Hollywood a en effet pris ses quartiers au Dakota. En 1961, Lauren Bacall, fraîchement séparée de Frank Sinatra, rejoint la copropriété. J’ai pu visiter son appartement de 9 pièces. Elle l’achète pour 48 000 dollars (il s’est revendu en 2015 pour 21 millions de dollars). Lauren Bacall faisait son propre pain de viande qu’elle apportait à la fête des voisins. Elle a élevé ses trois enfants dans l’immeuble. Finalement, ici, c’était plus une mère de famille qu’une star.

Le Dakota serait hanté. Avez-vous vu des fantômes ?


L’intérieur ressemble à celui d’un château de Bavière avec des couloirs sombres et étroits, des gorgones, des gargouilles… On se croirait dans le manoir de la famille Addams ! Dans cette ville qui ne dort jamais, le silence qui y règne est exceptionnel. Les murs du Dakota font un mètre d’épaisseur. Pour tout vous dire, je n’en menais pas large lorsque j’ai traversé pour la première fois ses longues galeries. J’avais en tête toutes ces histoires de spectres aperçus par les ouvriers pendant la construction. Et comment ne pas penser au fantôme de John Lennon que Yoko Ono, après l’assassinat du chanteur devant la grille d’entrée de l’immeuble, dit toujours rencontrer au Dakota. N’oublions pas aussi que Roman Polanski y a tourné les extérieurs du terrifiant Rosemary’s Baby, qui raconte l’histoire d’une femme enceinte du diable.

Est-ce cette ambiance étrange que recherchait John Lennon lorsqu’il a déposé son dossier de candidature ?

En 1972, l’ex-Beatle habitait à Greenwich Village où il s’était fait cambrioler dix fois en six mois. Il demande alors refuge aux « Dakotiens ». L’accueil est frileux. On le considère comme un hippie, un drogué… D’autres sont fascinés de voir que la plus grande star du moment désire vivre chez eux. En réalité, John Lennon a été particulièrement discret, pratiquant le yoga, mangeant macrobiotique et faisant cuire son propre pain. Pour les résidents, il était devenu un simple mari et père.

Aujourd’hui combien y a-t-il d’appartements au Dakota ?

Quatre-vingt-treize et tous différents. Certains ont vingt-cinq chambres et d’autres n’ont que trois pièces. Étonnamment, les appartements formés à partir de la réunion d’anciennes chambres de bonne sont les plus prisés aujourd’hui, en raison de la magnifique vue sur Central Park. Nous sommes à plus de 30 m de haut. J’ai été très étonnée de découvrir des appartements peu luxueux, des salles de bains spartiates, de simples coins cuisine. C’est chic mais pas clinquant.

Comment devient-on résident ?

C’est très difficile. Il faut passer devant le board, qui est le plus sélectif de New York. La copropriété a même refusé la candidature de Melanie Griffith et Antonio Banderas car elle ne voulait pas d’agitation autour d’un nouveau couple de stars. Si vous êtes mafieux et que vous arrivez avec une mallette remplie de billets, cela ne marche pas non plus. Il ne faut pas avoir eu de soucis avec la police ni avec la justice. Officiellement, on peut candidater mais en réalité il s’agit toujours de cooptation. Sans oublier le fait qu’on ne déménage pas du Dakota, donc il faut attendre la mort d’un résident pour qu’une place se libère.

Lors de votre séjour, des résidents vous ont-ils confié des anecdotes ?

L’un des plus anciens m’a raconté qu’en 1970 les Rolling Stones y ont donné un concert ultra-privé avec Andy Warhol dans le public. Mohamed Ali, Gregory Peck et Sinatra ont participé aux grandes soirées de l’immeuble où les Rolls, les Bentley et les Jaguar se garaient dans la grande cour intérieure.

Et Yoko Ono demeure la plus célèbre résidente…

Elle possède plusieurs appartements dont un climatisé en permanence et réservé au stockage de ses fourrures. Les premières années, elle n’avait pas les faveurs des copropriétaires, notamment en raison d’un racisme à peine masqué. Mais tout a changé quand Lennon est décédé. Aujourd’hui, c’est une vieille dame très appréciée. Elle se rend toujours à la fête des voisins où une part de gâteau lui est réservée, comme pour tous les résidents. ||

Ariane Bois est une romancière française, critique littéraire et grand reporter. Elle a été récompensée de sept prix littéraires et est traduite dans plusieurs pays. Elle est l'auteur de « Et le jour pour eux sera comme la nuit » (Ramsay, 2009 ; J'ai Lu, 2010), « Le Monde d'Hannah » (Robert Laffont, 2011 ; J'ai Lu, 2014) et « Sans oublier » (Belfond, 2014). Pour « Le Gardien de nos frères » (Belfond, 2016), elle a notamment reçu le Prix Wizo 2016.

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Le Dakota Building en 1890.
Le Dakota Building au 21e siècle.

7 décembre 2017

Johnny Hallyday, l’icône du rock français au paradis

Johnny Hallyday, l’icône du rock français au paradis

« Johnny Hallyday est parti. Jean-Philippe Smet est décédé dans la nuit du 5 décembre 2017. J’écris ces mots sans y croire. Et pourtant, c’est bien cela. Mon homme n’est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité. Jusqu'au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extraordinaires. Le cœur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour la scène, pour son public, pour ceux qui l’adulent et ceux qui l'aiment. Mon homme n’est plus. Le papa de nos deux petites filles, Jade et Joy, est parti. Le papa de Laura et David a fermé ses yeux. Ses yeux bleus qui illumineront encore et encore notre maison, et nos âmes. Aujourd’hui, par respect et par amour pour cet homme extraordinaire qui fut le mien pendant plus de 22 ans, pour perpétuer sa passion de la vie, des sensations fortes, des émotions sans demi-mesure, nous unissons tous nos prières, et nos cœurs. Nous pensons à lui si fort qu’il restera à jamais à nos cotés, aux cotés de ceux qui l’écoutent, le chantent et le chérissent depuis toujours. Johnny était un homme hors du commun. Il le restera grâce à vous. Surtout, ne l’oubliez pas. Il est et restera avec nous pour toujours. Mon amour, je t'aime tant. » Laeticia Hallyday, communiqué envoyé à l'AFP, le 6 décembre.

Johnny Hallyday et les Beatles

Dans une interview du 12 juin 2013 au Figaro, Johnny Hallyday révélait : « J'étais très copains avec les Stones, surtout Keith Richards. Les Beatles, je les connaissais un peu moins. Mais, à mes débuts, je cherchais un nouveau groupe pour m'accompagner. Lee Halliday m'appelle un jour à New-York alors que je venais juste de trouver Joey et les Showmen, qui m'ont accompagné par la suite. Il me dit : " Y a quatre gars qui sont venus de Hambourg, originaires de Liverpool, et qui voudraient passer une audition pour que tu les prennes dans l'orchestre ". C'étaient les Beatles. Je ne savais pas qui ils étaient. À l'époque, ils n'avaient pas enregistré de disques. Donc j'ai refusé. Ils sont partis à Hambourg et par la suite j'ai appris qui ils étaient devenus. » Avant sa tournée des stades de l’été 2012, Johnny répète à Los Angeles. Le studio à côté du sien est occupé par… Paul McCartney. Lors d'un entretien au journal Sud Ouest du 3 juillet 2012, la star disparue confiait : « On en a reparlé, il s’en souvenait, on s’est marré. Que se serait-il passé si on avait bossé ensemble ? Je serais peut-être devenu un des leurs… ou peut-être qu’eux ne seraient jamais devenus les Beatles, allez savoir ! » Interrogé en janvier 1998 dans les colonnes du journal Le Monde par l’écrivain Daniel Rondeau, il parle de sa relation avec la drogue : « Je n’ai jamais succombé à l’héro parce que je suis hyperactif. À l’époque, John Lennon voulait me faire essayer les buvards mais je n’ai jamais accepté. »

Johnny Hallyday et la Suisse

L'icône du rock français a fait davantage que passer en Suisse à l'occasion de concerts. Il y a résidé, dans le chalet qu'il avait acquis à Gstaad. Le chanteur avait acheté ce chalet - baptisé Jade, comme une de ses filles - dans la station huppée de l'Oberland bernois en 2006. Il en avait fait son domicile fiscal - y passant six mois et un jour par an jusqu'à la fin 2012 - avant de s'établir sur le sol américain à Los Angeles. Durant sa carrière, l'artiste d'origine belge a donné de nombreux concerts en Suisse. Il s'est notamment produit au pénitencier de Bochuz, le 28 juin 1974. Les plus grands festivals ont reçu le rockeur - notamment le Montreux Jazz Festival en 1988, le Paléo Festival de Nyon en 1996 et 2015 ou encore le festival de Leysin en 1991. Sa dernière apparition en Suisse romande date d'août dernier, dans le cadre de la tournée des Vieilles canailles, avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. ||

InformationMémorial


Johnny Hallyday et Paul McCartney à Paris (1964), puis à Los Angeles (2012).
Johnny Hallyday, « Le Pénitencier » (1964) à la prison de Bochuz, 28 juin 1974.

6 décembre 2017

Stella McCartney : Prix Spécial de l’Innovation aux Fashion Awards 2017

Stella McCartney : Prix Spécial de l’Innovation aux Fashion Awards 2017

Le 4 décembre au Royal Albert Hall de Londres, lors des Fashion Awards 2017, Stella McCartney a reçu le prix de Special Recognition Award for Innovation (Prix Spécial de l'Innovation) pour honorer sa contribution exceptionnelle à l’industrie de la mode mais aussi sa sensibilisation envers l'environnement. « Stella est une pionnière de la mode. Elle a créé un business modèle moderne et végétarien qui la place à l'avant-garde de l'innovation et du développement durable », a déclaré la directrice du British Fashion Council Dame, Natalie Massenet. « Elle est la preuve que l'on peut conjuguer luxe et éthique dans la mode en obtenant des résultats éblouissants. Son approche innovante inspire tout le secteur ». Suite à l'annonce de sa récompense le 27 novembre dernier, la fille de l'ancien Beatle Paul McCartney a confié : « Je suis incroyablement fière d’obtenir ce prix. Ce dont je suis le plus fière, c’est qu’en plus, c’est un nouveau prix, une reconnaissance spéciale pour l’innovation. J’espère qu’en tant que pionnière, je pourrai inspirer et encourager d’autres maisons à emboîter le pas jusqu'à en faire le prix le plus prestigieux. »

Stella McCartney a débuté en tant que directrice artistique de la maison française Chloé avant de lancer sa propre marque en 2001. Celle-ci a grandi au point de recouvrir actuellement le prêt-à-porter féminin, masculin et enfant, des accessoires, de la lingerie, du maillot de bain et de la parfumerie. Elle a été l'une des premières créatrices haut de gamme à se lancer dans le vêtement sportif, via ses collaborations avec Adidas. Son engagement dans les dossiers environnementaux se traduit notamment par le refus d'utiliser de la vraie fourrure, du cuir animal, de la peau ou des plumes dans ses créations, optant plus volontiers pour du cuir végétal et de la viscose provenant de forêts certifiées. L'une de ses plus récentes innovations a été présentée il y a quelques mois. Il s'agit de la création de soie issue des biotechnologies en partenariat avec Bolt Thread ||