Swiss Beatles Fan Club

16 février 2018

George Harrison : «My Sweet Lord»

George Harrison : «My Sweet Lord»

Deux accords et un mantra. c’est ainsi qu’on pourrait résumer (succinctement) l’un des morceaux les plus controversés de l’histoire du rock. Une prière pop à succès qui encombra les tribunaux durant deux décennies. Un sac de nœuds juridique, un tube à problèmes. My Sweet Lord ou comment un glorieux ex-Beatle se fit accuser de vulgaire plagiat. Lorsque George Harrison enregistre sa chanson, à l’été 1970, il est loin de se douter du destin agité qu’elle va connaître. Certes, il redoute un peu la réaction du public devant ce cantique prosélyte, à la gloire du mouvement Hare Krishna. À tel point qu’il a décidé de ne publier aucun single extrait de ce qu’il considère comme son grand œuvre : un ambitieux triple album, All Things Must Pass, sa première échappée solo post-Fab Four. Pourtant, son entourage s’accorde à penser que My Sweet Lord est un hit en puissance. À raison : sortie aux États-Unis le 23 novembre 1970, le titre trône dans les charts pendant des semaines, avec plus d’un million d’exemplaires écoulés en moins d’un mois. La chanson paraîtra en Europe quelques mois plus tard, avec le même retentissement.

« Hare Krishna, Hare Rama. » Le slogan a déjà commencé à parcourir la planète, au son de clochettes tibétaines agitées par des cohortes d’officiants tondus en robes multicolores. Fondé à New York en 1966, dédié à une divinité de l’hindouisme, le mouvement a vite séduit les adeptes de la contre-culture, en mal d’exotisme philosophique. Dont Harrison qui, non content d’apprendre le sitar avec Ravi Shankar, s’est passionné très tôt pour la culture et la spiritualité venues d’Inde. C’est à son initiative que les Beatles s’offrirent un séjour chez le Maharishi Mahesh Yogi en février 1968. S’il n’est pas officiellement membre du mouvement Krishna, George le fréquente régulièrement, le soutient financièrement et considère son fondateur, Prabhupada, comme son maître spirituel. En août 1969, il a même produit un disque pour le Radha Krishna Temple de Londres, un single qui sera suivi d’un album de chants religieux sur le label Apple. En décembre 1969, Harrison est à Copenhague, dans le sillage de la tournée de ses copains Delaney & Bonnie. Entre deux conférences de presse, il gratte sa guitare et improvise sur les deux fameux accords qui vont ouvrir la chanson. Au départ, il a en tête d’écrire un hymne dans la lignée du Oh Happy Day popularisé par les Edwin Hawkins Singers, deux ans auparavant. Petit à petit, le morceau prend forme, avec un texte en forme de prière répétitive et un refrain basé sur l’association du Hare Krishna sanscrit et de l’hallelujah hébreu, « qui disent la même chose », selon George.

Et si Dieu existait ?

Curieusement, Harrison va d’abord offrir la chanson à son pote Billy Preston. La première version, dans le registre gospel-soul-funk, de My Sweet Lord figurera donc sur l’album solo de Preston, Encouraging Words, publié en janvier 1970 et produit par Harrison. Mais lorsqu’il commence à travailler sur son propre album, George décide de la reprendre à son compte. L’enregistrement a lieu entre les London Trident Studios et Abbey Road, avec rien que du beau monde : en vrac, Harrison, Clapton et les membres de Badfinger aux guitares (avec le fameux solo de slide de l’intro), Pete Drake (l’inventeur de la talkbox plus tard reprise par Peter Frampton) à la pedal steel, Gary Wright et Billy Preston aux claviers, Bobby Keys et Jim Price à la section de cuivres, Klaus Voormann à la basse, Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie. Le tout produit par Phil Spector, celui du « wall of sound » et du Let It Be des Beatles. Le résultat, on l’a dit, se propulse immédiatement au sommet des hit-parades, à tel point que Lennon (qui vient d’enregistrer la chanson God, dans laquelle il affirme ne croire ni en Jésus ni en Buddah) déclarera, un brin jaloux : « À chaque fois que j’ouvre la radio, j’entends ça. Je vais finir par penser que Dieu existe... »

Les tracas juridiques qui vont suivre n’ont rien à voir avec un quelconque jugement divin. Dès le 10 février 1971, la compagnie d’éditions Bright Tunes assigne en justice Harrison pour plagiat. My Sweet Lord présente des similarités évidentes avec He’s So Fine, une chanson du groupe féminin The Chiffons, qui date de 1963 : même suite d’accords, même mélodie, même tempo… Malgré les dénégations de George, le procès durera près d’un quart de siècle, avec querelles d’experts, tractations financières, appels et retournements de situation. Le tout encore compliqué par les manœuvres d’Allen Klein, ex-manager des Beatles et de Harrison, viré en 1973. D’abord défenseur de George, il finira par passer de l’autre côté en rachetant en douce les droits de la chanson He’s So Fine. En septembre 1976, George Harrison, par la bouche du juge Richard Owen, est reconnu coupable de « copie subconsciente », et condamné à verser la somme de 1,6 million de dollars. Une amende réduite plus tard à 587.000 dollars, la somme que Klein a dépensé pour racheter les droits du titre des Chiffons et que George, cruelle ironie du sort, devra payer à son traître d’ex-homme d’affaires. Ce jugement, Harrison, qui a toujours plaidé sa bonne foi même s’il a reconnu connaître la chanson incriminée, aura du mal à s’en remettre. Il masquera cette déconvenue avec humour, en écrivant This Song, allusion à l’affaire en forme de satire, qu’il interprétera à la télé dans un décor de salle de tribunal, avec ses camarades musiciens déguisés en avocats, en jurés, en flics, et Jim Keltner dans le rôle du juge.

Le litige ne trouvera sa conclusion définitive qu’en mars 1998. Quant à la chanson, reprise par une ribambelle d’artistes, de Boy George à Megadeth, de Nina Simone à Nina Hagen, de U2 à Julio Iglesias, elle sera réenregistrée en 2001, avec Sam Brown, Ray Cooper et Dhani Harrison, pour la réédition remasterisée de All Things Must Pass. Une version démo, avec Starr et Voorman, sera incluse dans le DVD du film de Martin Scorsese, George Harrison : Living in the Material World, en 2011. Le single sera une nouvelle fois publié juste après la mort de George, le 29 novembre 2001. Depuis, My Sweet Lord résonne jusqu’au paradis… ||

George Harrison chante « My Sweet Lord » au Concert for Bangladesh de New York (1er août 1971).

15 février 2018

The Beatbox de retour en Suisse

The Beatbox de retour en Suisse

Du 7 au 10 mars prochain, à Bienne, Genève et Agno, l'énergie et la magie de la musique des Beatles sont de retour en Suisse, grâce au tribute band : The Beatbox en provenance d'Italie. Pour la tournée européenne 2018, rien n'a été laissé au hasard. Chaque détail est minutieusement reconstruit, à la fois musicalement et visuellement, jusqu'aux vêtements typiques des Beatles, adaptés pour ressembler exactement à ceux que les « quatre garçons dans le vent » portaient : costumes noirs classiques des premiers jours ; vestes beiges du concert mythique du Shea Stadium confectionnées par le tailleur qui a habillé les Beatles pour leurs tournées américaines ; uniformes multicolores du Sgt. Pepper à leur tenue particulière sur la couverture de l'album Abbey Road. L'instrumentation est identique à celle utilisée par les Fab Four dans leurs concerts historiques. Beaucoup plus qu'un simple hommage aux Beatles, le spectacle ouvert à toutes les générations permet de retrouver l'enthousiasme et la positivité des années 60. ||

BienneGenèveAgnoInformation

14 février 2018

Paul McCartney lauréat du Prix Wolf de musique en Israël

Paul McCartney lauréat du Prix Wolf de musique en Israël

L’auteur-compositeur britannique légendaire Paul McCartney a été désigné comme étant l’un des lauréats du Prix Wolf, ce qui annoncerait une visite de l’ancien Beatle en Israël à la fin du mois de mai. La fondation Wolf a également rendu publics les noms des huit autres lauréats de cette distinction annuelle, qui est également connue sous le nom de « Prix Nobel israélien » dans la mesure où environ un quart des anciens lauréats ont remporté ultérieurement un Prix Nobel dans leurs disciplines respectives. C’est le président Reuven Rivlin qui a annoncé lundi dernier le nom des lauréats lors d’un événement spécial qui s’est déroulé dans sa résidence de Jérusalem, disant : « Aux côtés de la commission chargée des prix, moi et de nombreux Israéliens partageons l’amour éternel des œuvres de Sir Paul McCartney et des Beatles. » Les cinq prix – remis dans les domaines de la musique, de l’agriculture, de la chimie, de la physique et des mathématiques – totalisant 100.000 dollars dans chaque discipline, seront partagés cette année entre neuf lauréats originaires de cinq pays, a fait savoir la fondation.

« Sir Paul McCartney est l’un des plus grands auteurs-compositeurs de tous les temps », a fait savoir la fondation dans un communiqué. « Sa polyvalence met en exergue une envergure extraordinaire – d’un rock physique à des mélodies intimistes qui hantent et qui fendent le cœur. Ses paroles présentent cette même ampleur en termes de diversité, à la fois naïves et charmantes mais aussi poignantes et même désespérées. Il a touché les cœurs du monde entier, lorsqu’il était un Beatle comme dans les groupes qui ont suivi ». Établissant une comparaison entre le rockeur âgé de 75 ans et les maîtres de la musique classique Franz Schubert, Johannes Brahms et Claude Debussy, entre autres, la fondation a ajouté : « Il y a peu de doutes sur le fait que ses chansons seront chantées et appréciées tant que des êtres humains feront entendre leurs voix ». Les prix seront remis aux lauréats par Rivlin lors d’une cérémonie officielle à la Knesset de Jérusalem, fin mai. La fondation a indiqué que les personnalités qu’elle a distingué cette année « devraient arriver en Israël pour la cérémonie de remise des prix ainsi qu’une série d’événements associés à la fin du mois de mai ». McCartney a l’obligation de venir en Israël s’il veut recevoir son prix. L’ex-Beatle avait donné un concert chaleureusement accueilli au parc Yarkon de Tel Aviv au mois de septembre 2008.

Paul McCartney, une institution britannique

Avec environ 60 disques d’or et plus de 100 millions de singles au cours de sa carrière, Paul McCartney est probablement le chanteur et le compositeur ayant réalisé les plus grands succès commerciaux de la musique populaire. Le titre des Beatles de 1965, Yesterday, écrit par McCartney, a été diffusé plus de 6 millions de fois à la radio et à la télévision américaines. Avec plus de 3.000 reprises, c’est également la chanson qui a été la plus enregistrée de tous les temps. « Plus qu’un musicien de rock, McCartney est dorénavant considéré comme une institution britannique », a estimé la fondation Wolf. « Comme la bière chaude et le cricket, il est devenu une part de l’identité britannique ». Le seul membre des Beatles encore en vie à part McCartney, le batteur Ringo Starr, a annoncé le mois dernier qu’il donnerait un concert en Israël au stade Menora Mivtachim de Tel Aviv le 23 juin prochain avec son All Starr Band.

Aux côtés de Paul McCartney, le Prix Wolf de musique sera également remis au célèbre chef d’orchestre hongrois Adam Fischer, qualifié dans le communiqué comme « un chef d’orchestre inspirant et défenseur éloquent des droits de l’Homme ». Le Prix Wolf d’agriculture sera attribué au professeur Gene Robinsonde de l’Université de l’Illinois d’Urbana–Champaign pour avoir « dirigé la révolution génomique en biologie des organismes et des populations de l’abeille à miel ». Le Prix Wolf de chimie sera accordé au professeur Omar Yaghi, de l’Université de Californie, pour « son travail de pionnier en chimie réticulaire via des structures métallo-organiques et des structures organiques covalentes » et au professeur Makoto Fujita, de l’Université de Tokyo, qui a « conçu des principes d’assemblage orientés vers les métaux menant à d’importants complexes hautement poreux ». Le Prix Wolf de sciences physiques reviendra, cette année, au professeur Charles Bennett du centre de recherches d’IBM à Yorktown Heights, à New York, et au professeur Gilles Brassard de l’Université de Montréal, au Canada, « pour avoir financé et fait avancer les domaines de la cryptographie et de la téléportation quantiques ». Le Prix Wolf de mathématiques sera partagé entre le professeur Alexander Beilinson et le professeur Vladimir Drinfeld, tous les deux de l’Université de Chicago, « pour leur travail innovant en géométrie algébrique, en théorie de la représentation et en physiques mathématiques ». ||

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12 février 2018

Molecule8 lance la figurine «Imagine» de John Lennon

Molecule8 lance la figurine «Imagine» de John Lennon

Molecule8 s’apprête à ajouter une icône de la musique à son catalogue, sous la forme d’une figurine à collectionner à l’échelle 1/6 en édition limitée. En pré-commande sur le site de la société au prix de 299,95 dollars avec livraison gratuite en début d'avril prochain, la statuette commémore John Lennon à l’époque de sa chanson Imagine, son hymne universel pour la paix. Une figurine articulée (taille env. 30 cm) avec socle, accessoires, vêtements tissu détaillés, têtes et mains interchangeables. Sculpté par l'artiste K.A.Kim, le modèle est fabriqué autour de l'exosquelette en acier inoxydable Mark I, accompagné d'un emballage boîte-fenêtre de collection. Les mille premières commandes sont numérotées. « Les figurines de Molecule8 à l’effigie de John Lennon incarnent le mélange parfait et délicat entre créativité, qualité et artisanat » a déclaré Lisa Streff, vice-présidente exécutive des licences globales chez Epic Rights. « La réputation de l’équipe de Molecule8 n’est plus à démontrer, aussi peuvent-ils être fiers de créer des figurines d’une qualité telle qu’elles font l’unanimité chez les fans et les collectionneurs. » « Nous sommes honorés d’avoir reçu l’approbation de Yoko Ono et d’Epic Rights pour le développement d’une gamme d’objets à collectionner estampillée John Lennon » a déclaré Vijay Chadha, directeur général de Molecule8. « En plus de la figurine à l’échelle 1/6 de M. Lennon, notre équipe s’efforce à concevoir un assortiment unique d’éléments en rapport avec le génie, le tempérament et les passions qui définissent John Lennon en tant qu’artiste et en tant qu’homme. » ||

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9 février 2018

Le retour du Luxembourg Tribute to the Beatles

Le retour du Luxembourg Tribute to the Beatles

Depuis une dizaine d’années, des liens étroits se sont tissés entre la Fondation APEMH et les Beatles. Tout a commencé lors d’une rencontre avec un jeune guitariste, Ady Zeimet, qui en automne 2005, à l’occasion des festivités d’ouverture de Luxembourg, capitale européenne de la culture, a eu l’idée de réunir une brochette des meilleurs musiciens luxembourgeois afin de rendre un digne hommage au groupe mythique de Liverpool. Cette initiative devait donner l’occasion de rassembler un peu plus de 800 personnes lors d’un mémorable concert pour clôturer les festivités des 40 ans de la Fondation APEMH, le 29 février 2008 à la Kulturfabrik à Esch-Alzette.

Début 2015, l’APEMH est à l’origine d’une série de concerts du groupe The Menlove à travers le pays. Ce groupe italien, originaire de Bologne, est un des meilleurs tribute band reprenant les chansons indémodables des « Quatre garçon dans le vent ». Un lien est en effet indéniable, qui mieux que la musique et les messages des Beatles (Come Together, With a Little Help from My Friends ou All You Need Is Love) pouvaient véhiculer, toutes générations confondues, cette vision d’une société prônant les valeurs de l’inclusion et de la diversité. À la fin du concert des Tribute to the Beatles en 2008, l’ambiance aidant, la promesse était faite de se donner rendez-vous 10 ans plus tard ! Voilà donc promesse tenue : 50 ans après l’album exceptionnel Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band et à l’occasion du 50e anniversaire de l’association, le Luxembourg Tribute to the Beatles vous réinvite, le samedi 24 mars 2018 à 20 h 30 au Casino 2000, pour une immersion dans le monde des Fab Four, avec les mêmes musiciens et plus de 30 morceaux revisités. ||

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