Swiss Beatles Fan Club

30 décembre 2013


The U.S. Albums, la discographie américaine des Beatles


Histoire

Trois jours après leur dernière prestation à l'Olympia de Paris, une foule immense est à leurs côtés à l'aéroport londonien d'Heathrow, au moment où ils s'embarquent pour le Nouveau Monde. De l'autre côté de l'Atlantique, c'est encore la foule — plus de 3 '000 fans — qui les attend lorsqu'ils se posent sur le tarmac de l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York, le 7 février 1964. Un événement majeur va secouer l'Amérique moins de 48 heures plus tard: environ 73 millions de personnes (soit 38 à 40 % de la population américaine) ou 23 millions de foyers assistent en direct à leur première prestation télévisée, lors du Ed Sullivan Show diffusé sur CBS, le 9 février. Une audience record pour l'époque, qui reste encore de nos jours une des plus élevées de l'histoire, hors retransmissions sportives. Des millions de canadiens ont également suivi le spectacle devant leurs télévisions. La Beatlemania européenne débarque en Amérique, la British invasion a commencé. 

Publications américaines

Aux Etats-Unis, la publication des albums des Beatles pose de nombreux problèmes. Le manager Brian Epstein a en effet des difficultés à trouver un éditeur et se heurte à un refus de Capitol Records qui juge le groupe peu prometteur. Il se rabat donc sur le label Vee Jay qui publie en janvier 1964 le premier album américain du groupe, Introducing... The Beatles. Capitol Records récupère cependant rapidement l'affaire et édite dix jours plus tard son premier album, Meet The Beatles !.

Les albums sont par ailleurs adaptés au marché américain, habitué à des disques de 12 pistes là où ceux publiés au Royaume-Uni en comportent généralement 14. Les listes de chansons sont donc réorganisées et les albums n'ont souvent ni le même nom ni la même organisation. Même ceux qui portent le même nom que leurs équivalents britanniques (A Hard Day's Night, Help !, Rubber Soul et Revolver) contiennent des sélections de chansons différentes. Un album comme
Beatles VI a des extraits de chansons provenant de plusieurs albums britanniques ainsi que de singles. De plus, certains titres sont remixés par George Martin. Dave Dexter qui supervise l'édition américaine pour Capitol Records, effectue la sélection des chansons et y ajoute même parfois de l'écho et simulation stéréo par un effet duophonique. Les Beatles sont exaspérés par ces changements inopportuns, comme l'explique un John Lennon dépité: «Nous le planifions et ils [Capitol Records] le bousillent.»

Ce n'est qu'à partir de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band que les albums des Beatles paraissant aux Etats-Unis deviennent identiques à ceux qui sortent au Royaume-Uni. Comme leurs alter-égos britanniques, il se classent tous en tête des charts à l'exception de Yellow Submarine qui n'atteint que la deuxième place (un meilleur score que dans son pays d'origine). Un album diffère cependant
: en 1967, l'édition de Magical Mystery Tour publiée aux Etats-Unis est plus étoffée que le double EP britannique, puisque Capitol Records y a ajouté les chansons publiées en single durant l'année. Cette version deviendra officielle à partir de 1976 lorsque Apple publira à son tour le microsillon. Les 7 « véritables » premiers albums des Beatles tels que conçus par le groupe et par George Martin, ne sortent officiellement aux Etats-Unis qu'en 1987, à l'occasion de leur réédition en CD. 

The U.S. Albums • 2014

Pour commémorer le 50e anniversaire de l'arrivée des Beatles en Amérique, une nouvelle collection de 13 CD regroupés dans un coffret et couvrant la période de 1964 à 1970, sera publiée le 20 janvier 2014 par Apple Corps Ltd / Capitol Records. Excepté le documentaire audio The Beatles Story, les albums seront aussi vendus à l'unité et comporteront les versions mono et stéréo, sauf The Beatles Story et Hey Jude en stéréo. Selon le communiqué officiel, les mixages spécifiques effectués par George Martin seront conservés, les masters des remasterisations de 2009 utilisés pour les versions mono et stéréo. Le coffret contient également un livret illustré de 64 pages commenté par Bill Flanagan, auteur et producteur américain. |  |

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