Swiss Beatles Fan Club

17 octobre 2014


Les mémoires de Geoff Emerick : En studio avec les Beatles


Geoff Emerick né en 1946 a tout juste 15 ans quand il pénètre dans les bientôt mythiques studios londoniens d’Abbey Road. Déjà renommé pour ses enregistrements de musique classique, le lieu était aussi l’asile d’un petit label, Parlophone, propriété du producteur-arrangeur George Martin, qui sera plus tard connu comme « le cinquième membre des Beatles » grâce à son travail sur le fameux Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. Le jeune Geoff Emerick, plein d’admiration pour son mentor, était loin de se douter que quatre ans plus tard, George Martin, lui et les Beatles révolutionneront le monde de la pop en enregistrant le monumental Revolver.

« Comment un jeune anglais, poussé par l’imagination sans limite de quatre musiciens et des techniques de studio encore rudimentaires allait apprendre à modifier la nature même du studio d’enregistrement, le transformant en véritable instrument, osant même la transformation et l’altération des sons en tournant le dos à la méthode classique voulant que l’on captait dans ce genre d’endroit, les instruments de la manière la plus fidèle possible ? », c’est en gros ce que raconte En studio avec les Beatles, un volume de 488 pages. Une plongée au cœur du son et des personnages de son époque. Parmi les merveilles décortiquées ici, Revolver bien sûr - avec des morceaux comme Tomorrow Never Knows cet album datant de 1966 inventait carrément le psychédélisme et appliquait les principes de la musique électronique telle qu’on la concevait chez Stockhausen par exemple, à la pop music – mais aussi
Sgt. Pepper's, le prodigieux White Album et Abbey Road.
 

Elvis Costello signe la préface

Agrémenté d’une très intéressante préface d’Elvis Costello, et un constat de l’artiste : « Une très grande partie des sons obtenues aujourd’hui dans les studios d’enregistrement provient de petites boîtes qui se contentent de reproduire les innovations soniques du passé », En studio avec les Beatles vient remettre les pendules à l’heure et rappel que la postérité en revient majoritairement aux gens, trop souvent oubliés, comme Geoff Emerick. L’ouvrage analyse en détail tous les titres des Beatles dans l’ordre chronologique de leur enregistrement, de Love Me Do en 1963 à I Me Mine en 1970 en prêtant attention aux thèmes développés dans chacune des chansons ainsi que leur élaboration technique, les interactions entre les musiciens tout en replaçant chaque chanson dans leurs contextes sociologique et musical.

L’auteur a eu accès, pour préparer son ouvrage, aux masters originaux du groupe. Les morceaux considérés musicalement comme les plus aventureux ou les plus complexes dans leur construction, tels que Eleanor Rigby, Strawberry Fields Forever, A Day in the Life et bien d'autres, font l’objet d’un décryptage des plus poussés. Le livre analyse également l’impact des chansons des Beatles à la lumière des changements sociaux et culturels des années soixante et de leurs répercussions. L'ouvrage est devenu le standard de l’analyse critique de l’œuvre musicale des Beatles dans les pays anglo-saxons. ||

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